lundi 19 novembre 2007

Blogosphère valentinoise

Je viens d'insérer sur mon blog une liste de liens renvoyant à des blogs valentinois.
Habitant Valence depuis à peine un an, j'ai été étonné par le peu de blogs tenus par des valentinois.
Le premier d'entre eux est celui de Gérard Bouchet. Il est régulièrement mis à jour. C'est le seul que je lis régulièrement. Je suis presque jamais d'accord avec ce qu'il écrit mais ses articles sur Valence me permettent de mieux connaître la ville où je me suis installé.
Donc si vous connaissez des blogs valentinois, n'hésitez pas à m'envoyer leur adresse.

Un programme pour une nouvelle gauche?

Décidément, le site Telos nous offre une belle série d'articles d'opinion.
nous offre une description que je trouve très juste de notre société corporatiste qu'il est désormais urgent de réformer.
    Le système social qui se crée à l'après-guerre est tout d'abord corporatiste, trait en partie hérité du régime de Vichy. Cette première caractéristique, qui nous différencie de la sociale-démocratie scandinave, signifie que les droits sociaux sont accordés en fonction du statut et de la profession. Les relations sociales sont ainsi segmentées entre ceux qui bénéficient de droits et les autres. Les régimes spéciaux de retraite sont un exemple symptomatique, la France étant le pays de l'OCDE avec le plus grand nombre de régimes spécifiques : cadres, fonctionnaires, artisans et commerçants, professions libérales, sans parler des multiples régimes spéciaux des grandes entreprises publiques ou de professions particulières (parlementaires, mineurs, clercs de notaire, marins, militaires, etc.). L'objectif des acteurs sociaux devient alors la sauvegarde des rentes de situation, comme le soulignent les grèves actuelles de la SNCF et de la RATP en opposition à la réforme de leurs régimes spéciaux de retraite. Cette segmentation de la société entre corps ne peut qu'alimenter la division et la suspicion.
Il découle de ce constat que:
    Le modèle social français entretient un véritable cercle vicieux. Le corporatisme et le dirigisme sapent les mécanismes de solidarité, ruinent le dialogue social et renforcent la défiance mutuelle, laquelle nourrit en retour les revendications catégorielles et l'appel permanent à la réglementation, favorisant ainsi l'expansion du corporatisme et du dirigisme.

Pour ces deux économistes la solution passe par des réformes qui:
    Les réformes doivent donc favoriser la limitation des situations particulières et dérogatoires, promouvoir le dialogue social et instituer une véritable mutualisation des risques liés au fonctionnement d'une économie moderne.
Voici un programme qui conviendrait à une nouvelle gauche française!

dimanche 18 novembre 2007

Libéralisme de gauche?

Le site Telos, fondé par Zaïki Laïdi, nous offre un article particulièrement intéressant et original pour alimenter nos débats franco-français. Le libéralisme tant décrié dans notre beau pays est souvent qualifié d'idéologie réactionnaire et classé à droite. Cet apriori est faux. Les libéraux sont difficilement classables selon notre traditionnel axe gauche-droite (par ailleurs suranné). Deux universitaires italiens nous proposent de revisiter le libéralisme à partir d'une vision de gauche, celle qui lutte contre les privilèges et le Pouvoir sur lesquels ils reposent.

Voici quelques extraits:
    Les réformes pro-marché n'impliquent pas d’échanger plus d’efficacité contre moins de justice sociale. Bien au contraire, et c’est en ce sens qu’elles sont de gauche, elles réduisent les privilèges. (...) Notre argument est que ce sont les objectifs traditionnellement chers aux partis de gauche européens – comme la protection des plus faibles ou le refus de trop grandes inégalités et des privilèges – qui doivent les amener à adopter des politiques pro-marché. Ce qui a souvent été la norme depuis les années 1960, comme une forte réglementation, la protection des statuts, un secteur public très développé qui ne bénéficie pas aux plus pauvres mais aux plus connectés et impose de lourds prélèvements, des universités qui produisent la médiocrité au nom du principe d’égalitarisme (alors que les très riches se débrouillent d’une manière ou d’une autre pour obtenir une bonne éducation), tout cela n’est pas seulement inefficace, mais socialement injuste.
    (...)
    S'il est établi que ces réformes n’opposent pas efficacité et justice sociale, pourquoi ont-elles tant de mal à se mettre en place dans des pays comme l’Italie et la France ? A quoi tient cette confusion de l'électeur européen « compatissant » ? La réponse de la science économique est celle-ci : les mécanismes politiques peuvent varier d’un pays à l’autre, mais le fond de l’histoire est que les « insiders » - protégés ou initiés – bloquent les réformes.

    Bien entendu, ils ne peuvent justifier leur opposition aux réformes simplement parce qu’elles nuisent à leurs intérêts. Ils ont besoin de la rhétorique de la défense des plus pauvres et des plus faibles, ou en France de la « grève par procuration ».

    Prenons encore un exemple, la compagnie nationale Alitalia. Voilà plus de dix ans qu’elle perd de l’argent, coûtant une fortune aux contribuables. Les pilotes sont payés autant qu'ailleurs, mais ne volent que la moitié des heures de leurs collègues des autres grandes compagnies mondiales. Les syndicats de la compagnie se battent pour continuer à recevoir des aides d’État, et après tout on peut le comprendre. Mais pourquoi la gauche au gouvernement devrait-elle s’aligner sur leurs revendications, et taxer l’ensemble des contribuables pour payer les équipages d'Alitalia ? En maintenant la compagnie en vie, elle empêche le processus de destruction créative dans le secteur de l’aviation, qui créerait plus d’emplois et non moins.
Voilà une réflexion intéressante pour l'ensemble de la classe politique française.